Plongez dans l’actualité, les infos, de l’époque du costume porté : 1900
Quatre mètres d’allure et d’Histoire.
Clémence, originaire de Auray, vit à Saint-Sébastien-sur-Loire, entre Nantes et Vertou. Ingénieure logicielle, elle évolue dans l’univers rigoureux de l’informatique, mais c’est dans le costume traditionnel de cérémonie d’une femme du Vignoble nantais, porté au début des années 1900, qu’elle trouve une autre forme d’exactitude et d’élégance.
Celui qu’elle arbore aujourd’hui est une reconstitution réalisée au sein du Cercle Celtique de Vertou. Il s’appuie sur des photographies anciennes, des échanges avec des musées de la région et des membres d’autres cercles. Chaque détail répond à une source, à une cohérence d’époque.
La silhouette naît d’une architecture textile rigoureuse. À la base, la culotte fendue et le jupon. Sous la jupe, un gourgandin — petit boudin de tissu — donne l’ampleur nécessaire. La jupe, en drap de laine, atteint quatre mètres d’envergure, un volume caractéristique du pays nantais à cette période. À l’arrière, des plis en godrons structurent le tissu et participent à dessiner une silhouette très particulière. Cette circonférence spectaculaire marque la taille et impose une présence immédiate.
Le haut est structuré par un caraco ajusté et baleiné, aux manches gigot affirmées. En dessous, la guimpe laisse apparaître une dentelle fine à la naissance du cou. À l’avant, la devantière en taffetas de couleur, elle aussi baleinée, apporte contraste et tenue. Le châle en soie brochée se pose en quatre plis dans le dos, retenu par une épingle à tête nacrée.
Les bijoux complètent l’ensemble : sautoir, coulisseau, boucles d’oreilles, broche. Rien d’ostentatoire, mais une ponctuation élégante. Enfin, la coiffe en dentelle, appelée « dormeuse », signe l’identité du costume. À l’arrière, ses broderies minutieuses attirent le regard. C’est l’un des éléments qu’elle préfère, avec l’ampleur de la jupe, pour la ligne qu’elle dessine.
Depuis l’enfance, Clémence vit au rythme des danses et fest-noz, portée par l’exemple de sa mère et l’héritage de ses grands-parents de Crac’h, qui parlaient breton et dansaient eux-mêmes. Danseuse, artisane de costumes et percussionniste au Bagad d’Orvault, elle fait résonner la Bretagne à Vertou et chez elle, sous le regard du drapeau noir et blanc qui marque son attachement à la tradition.
Dans la rigueur des baleines, la densité de la laine, la finesse des dentelles, se lit une époque où le vêtement de cérémonie affirmait un statut et une appartenance. Plus qu’un habit, c’est une mémoire portée à même le corps — quatre mètres d’histoire en mouvement.
Le Moine de Vertou (D’après une chanson populaire)