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Plongez dans l’actualité, les infos, de l’époque du costume porté : 1880

 
 
 
 
 

 

 
 
 

Mariée du conté Nantais.

Une fois encore, Michel offre à nos regards, la richesse de ses collections, il explique : 

“Vers 1880, dans le comté nantais, une mariée peut encore porter un costume qui mêle deux logiques : la mode de son époque et les marqueurs d’identité locale. L’ensemble présenté ici en est un exemple presque complet, reconstitué à partir de pièces anciennes authentiques.”

La silhouette correspond pleinement à la mode de la fin du XIXᵉ siècle. La mariée porte d’abord ce que l’on appelle un costume « à la mode » : un caraco ajusté et une jupe ample. Sous la jupe, plusieurs jupons structurent la forme, et un accessoire essentiel façonne la silhouette : la tournure. Fixée sous les reins, cette sorte de coussin repousse le volume vers l’arrière. L’avant du corps reste plat, tandis que la poitrine et le postérieur sont mis en valeur : c’est la silhouette recherchée à l’époque. La crinoline appartient déjà au passé ; la mode privilégie désormais cette ligne caractéristique.


 

La mariée est jeune : elle a moins de vingt-cinq ans et il s’agit de ses premières noces. Elle porte donc, fixé à la poitrine, le bouquet de corsage assorti à la couronne ; deux longues tiges en descendent et glissent bas sur la devantière, soulignant encore la verticalité du buste et l’ordonnance du costume.

La taille du vêtement est volontairement placée un peu plus haut que la taille physiologique. L’effet recherché est clair : allonger visuellement les jambes et raccourcir le buste. Cette construction correspond aux critères esthétiques du moment.

Mais si la base du costume relève de la mode générale, certains éléments signalent immédiatement l’appartenance au comté nantais. C’est le cas de la devantière, un tablier nantais doté d’une grande bavette. Elle se ferme à l’aide d’un système de crochets qui maintient fermement la poitrine et la taille, contribuant à dessiner une silhouette très fine. Les coutures sont dissimulées par des passepoils, signe d’un travail soigné.

Les étoffes confirment également le rang social de la mariée. La jupe et le tablier sont réalisés en soie façonnée, un tissu riche dont les motifs floraux sont tissés directement dans la matière. Ces tissus proviennent très probablement des grandes soieries lyonnaises, produites sur des métiers à navettes.

 

À cela s’ajoute un petit châle blanc en tulle brodé, posé sur les épaules. Contrairement à la jupe ou au caraco, ce châle n’était porté qu’une seule fois : le jour du mariage. C’est pourquoi on en retrouve encore aujourd’hui dans un état remarquable.

La coiffe constitue l’un des éléments les plus symboliques de l’ensemble. La mariée porte une coiffe nantaise appelée « dormeuse », dont le pignon est brodé de sept fleurs symboliques. Ces fleurs représentent les sept vertus chrétiennes : les quatre vertus cardinales — prudence, justice, force et tempérance — auxquelles s’ajoutent les trois vertus théologales — foi, espérance et charité.

 
 

Au-dessus de la coiffe, une couronne complète l’ensemble, tandis que la traditionnelle fleur d’oranger rappelle le symbole de pureté associé au mariage.

Les bijoux portés ne sont pas spécifiques au costume breton : ils suivent la mode générale de la fin du XIXᵉ siècle. La mariée porte des boucles d’oreilles dites « dormeuses », une broche de caraco, ainsi qu’un long sautoir auquel est suspendue une montre.

 

À la taille, une châtelaine en argent réunit plusieurs petits objets utiles : miroir, poudrier, flacon de parfum ou boîte à sels, accessoires qui pouvaient servir en cas de malaise.

Michel précise : “Car l’ensemble reste contraignant. Entre le corset, l’émotion et la chaleur d’une journée de noces, il n’était pas rare qu’une mariée se sente défaillir.”Ce costume n’est pas un ensemble original, mais une reconstitution réalisée par collectage.

Toutes les pièces sont anciennes, mais elles proviennent d’origines différentes. Réunies, elles donnent une image fidèle de ce que pouvait être, vers 1880, la tenue d’une mariée du comté nantais, territoire historique de Bretagne.

 

 

Pauline, mariée du conté Nantais.

Originaire de Vertou et aujourd’hui installée à Montbert, Pauline est étudiante. Depuis huit ans, elle fait partie du Cercle Celtique de Vertou, un engagement qui traduit une passion désormais bien ancrée pour les traditions et la danse.

Cette passion trouve son origine dans un voyage. Au détour de paysages de montagne, Pauline découvre des costumes traditionnels locaux qui la fascinent. De retour en Loire-Atlantique, la curiosité la pousse à s’interroger sur les costumes de sa propre région. La rencontre avec le Cercle de Vertou marque alors le début d’un véritable parcours au sein du groupe.

Elle porte le costume depuis l’âge de huit ans, passant successivement par les tenues d’écolière, de ville puis de jeune fille. Depuis l’an dernier, elle porte officiellement le costume paysan et de cérémonie du cercle. Lors de cette présentation, elle revêt pour la seconde fois le costume appartenant à Michel, après l’avoir déjà porté lors du défilé consacré à Anne de Bretagne à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu.

Au-delà du costume, Pauline apprécie avant tout l’esprit du groupe : une ambiance conviviale où toutes les générations se retrouvent et se transmettent conseils et savoir-faire. Une richesse qui nourrit son engagement et accompagne son goût croissant pour les concours et la danse traditionnelle.



 

 

Le Drame de Nantes - Le Petit Parisien 1890

 
 
 
 

 
 

 

Michel Guillerme,

est un collectionneur passionné et érudit des costumes bretons — reconnu pour son travail de mise en valeur des traditions vestimentaires de la Bretagne, notamment à travers des expositions de costumes et des conférences sur le patrimoine culturel breton.

 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
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